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The nights of October | Bloguez.com

à propos de la peur

  : Ajouté le 4/7/2008 à 01:45

On est formés à être recroquevillés discrets et conformes. A se taire. Il ne fait pas bon être visible. Il ne fait pas bon être debout, pleinement.

L'humiliation est le plus formidable des outils de l'ordre actuel. De la petite phrase siflée à la fille en tenue moulante, qui fait qu'elle hésitera à la remettre, à l'interdiction d'aller aux toilettes pour les employé(e)s de telle ou telle grande société.

Dépasser les limites est devenu un sport à haute poussée d'adrénalin. Tu es conçu pour vivre recroquevillés, si tu bouge parmis les immobiles, si tu agis parmis les passifs, ils te remarquent et te marquent d'un code pour qu'on puisse te reconnaître.
L'idée c'est de te faire reprendre ta place initiale ou de te mettre dehors, plus loin, hors de la vie des assis.  Pas de contagion. On te demande de justifier ce désir que tu as d'être debout, de ne plus être recroquevillé. Tu risque à tout moment  en te mettant franchement debout d'être mis à part : de ton travail, de ton entourage, de ta bande, du magasin, de la mode et vois toi même pour la liste, elle est longue.

Alors tu as peur. Tu te rassieds ... 

Lola Lafon

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Êtes-vous fou ?

  : Ajouté le 3/7/2008 à 23:27

La question était : que pouvions nous faire ?

Pourrions-nous nous lever chaque matin, prendre une douche, nous habiller et aller travailler ? Pourrions-nous avoir les idées claires ? Pourrions nous évité de tenir des propos déments quand ils nous venaient à l'ésprit ? Certaines d'entre nous le pouvais, d'autres non. Nous étions toutes "marquées" ?

Il y a toujours une note de fascination dans la répulsion. Qu'est ce qui rend une situation effrayante ? Le fait qu'elle est susceptible de vous arriver. Sinon, vous n'avez pas vraiment de raison de la craindre. Par conséquant, une personne dite "folle" qui ne parle pas toute seule et qui ne roule pas des yeux est plus inquiétante que si elle se comportait comme une vraie frappadingue. Parce que, face à une "folle" qui se conduit "normalement", vous vous posez forcément la question : quelle différence y a t'il entre elle et moi ?
Laquelle question mène à la suivante : qu'est-ce qui me préserve de l'asile ? Voilà pourquoi un "marquage" général est utile.

Certains individus ont plus peur que d'autres.
"Vous avez passé près de [4 mois] dans un asile de fous ? vous ? Mais pourquoi, grands dieux ? je n'arrive pas à le croire !" traduction : si vous étez folle, alors moi aussi; or, je ne le suis pas, donc il y a erreur quelque part.
"Vous avez passé près de [4 mois] dans un asile de fous ? Qu'est ce qui n'allait pas chez vous ?" Traduction : j'ai besoin de connaître les caractéristiques de la folie pour m'assurer que je ne suis pas fou.
"Vous avez passé près de [4 mois] dans un asile de fous ? Hum ... c'était quand exactement ?" traduction : êtez vous encore contagieuse ?

J'ai cessé d'en parler aux gens ...

Une vie volée.

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